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Le 26/02/2010 à 15:15:24, jacques Daniélou a dit :

@ M. Magnollay

Tout parcours de vie s'inscrit à l'intersection d'une origine sociale - et de ses habitus -, d'une histoire personnelle et d'une structure profonde .
Je persiste et je signe: Implicitement, celles et ceux qui, en responsabilité dans notre démocratie bourgeoise, ont - fût-il fait de manière inconsciente - structuré l'école obligatoire vaudoise en miroir de l'organisation sociale de notre canton et de notre pays.
Voulez-vous que je caricature, et définisse à traits outranciers, la majorité des élèves de VSO comme futurs exploités, ceux de VSG comme futurs exploitants (cadres moyens) et ceux de de VSB comme futurs exploiteurs? Vous penserez que je force le trait.
Il n'empêche que l'on se trouve bien, peu ou prou, désormais, dans cet état de fait.

Et ce ne sont pas les exemples contradictoires qui font basculer les tendances lourdes: On connaît tous des enfants de pauvre condition qui ont réussi brillamment dans la vie! Comme on connaît tous des élèves pour qui le redoublement fut une réussite, oubliant que ceux pour qui ce fut une descente aux enfers ne s'expriment pas (se sentent-ils coupables du fait qu'on leur aurait tout donné et qu'il n'auraient pas su s'en saisir…?)

A l'inverse d'une majorité, quelques personnes d'une extraction sociale pauvre, mais ayant dépassé cette condition, s'interrogent sur les structures profondes qui enferment une majorité dans leur état social.
Il ne s'agit donc pas de s'envoyer, en anathème, les doux qualificatifs de crypto-marxiste ou, comme le font d'autres, de "soixante-huitard attardé"… Il s'agit de prendre acte qu'à force d'enfermer les gens dans leurs conditions ("l'ascenseur social en panne…), ceux-ci, tôt ou tard se révolteront.
Leur révolte sera alors à la hauteur de leur frustration et de la prise de conscience de celle-ci.
Dans ce sens, ce que vous pourriez paradoxalement reprocher à ceux qui désirent assouplir la structure de l'école obligatoire est de participer à la préservation de l'ordre social.

Point de classement de ma part entre celui qui manie la truelle et celle qui lit René Char et s'en nourrit.
Il me semble juste important que chacun puisse procéder un choix et que ce choix ne soit pas inféodé aux origines sociales. Ce n'est pas le cas dans une école où le "choix" n'est que la résultante d'un défaut d'excellence scolaire.

Vous me direz que rien n'interdit à un maçon qui lire les grands auteurs et les philosophes… Certes, mais encore faut-il que les oeuvres puissent être abordées avec l'ensemble des élèves de l'école obligatoire.
Je l'ai fait, avec des VSO. C'est possible.
Il n'y a aucune raison à restreindre nos ambitions à ce propos. le rôle de passeur de l'enseignant est essentiel.
Quant aux différences de reconnaissance sociale entre les élèves issus de VSB et ceux qui ont suivi la VSO, cela relève d'un combat politique qu'il ne m'appartient pas de commenter ici.
Comme beaucoup, ce que je conteste en revanche est que l'école obligatoire, dès 12 ans, détermine le futur culturel et social des individus. Je ne vois pas que ce soit sa mission! Et souffrez que je refuse de rester passif devant cet état de fait.

Le 26/02/2010 à 12:39:22, Claude Magnollay a dit :

Décidément vous ne pouvez pas lire les phénomènes scolaires autrement qu'en terme de classes sociales! Vous appliquez systématiquement cette grille de lecture simpliste, complètement dépassée pour une gauche moderne. Si certains élèves ont plus de peine que d'autres c'est uniquement à cause des inégalités sociales et si l'on n'est pas d'accord avec vous, on est de droite et on veut forcément défendre ses avantages de classe. Et pourtant il n'en est rien! J'aurais envie de dire comme Fernand Cuche que je suis de gauche avec un sens aigu de la responsabilité individuelle Je me retrouve peut-être dans cet homme politique neuchâtelois, parce que, comme lui, je suis issu du monde paysan. Mais en définitive faut-il absolument se définir comme de gauche ou de droite? à part peut-être pour entrer dans le schéma simpliste que vous vous faites du monde. Pour ma part je vote en ayant réfléchi aux objets soumis et non suivant les directives de tel ou tel parti et d'autre part je privilégie les personnes plutôt que les partis. Quant à l'initiative Ecole 2010, je n'en ai pas lu le texte et je ne sais donc pas si je vais voter en sa faveur. Ce qui m'horripile ce sont les discours où l'idéologie (qu'elle soit de droite ou de gauche) prime au détriment de la réflexion. Donc si être de gauche c'est penser comme vous, alors en effet, je ne suis pas de gauche.

Non seulement je ne suis pas irrité par ce que disent P. Bourdieu et J.-C. Passeron, mais j'adhère complètement à leurs propos! Je ne suis pas atteint de cécité aux inégalités sociales contrairement à ce que vous pensez, il ne me viendrait pas une seconde à l'idée d'expliquer « toutes les inégalités en matière de réussite scolaire comme des inégalités naturelles, des inégalités de dons », mais cela ne veut pas dire qu'aucune inégalité ne peut s'expliquer de la sorte, donc des inégalités en matière scolaire peuvent être expliquées comme des inégalités naturelles ou de dons. D'autre part il est évident qu'une majorité d'élèves migrants se trouvent en VSO, non pas parce qu'ils ont des capacités moindres ou une intelligence différente, mais parce que le fait de ne pas parler le français à la maison et d'avoir un contexte culturel familial défavorable les empêchent de se battre au même niveau et avec les mes armes que des enfants suisses provenant de familles aisées. Il est tout à fait juste de dire que « l'école traite comme "égaux en droits" des individus "inégaux en fait" c'est-à-dire inégalement préparés par leur culture familiale à assimiler un message pédagogique ». Il faut donc que l'école essaie de réparer cette injustice, en proposant des aides au devoirs à domicile, notamment, comme je l'ai déjà dit dans mon article. Mais ça vous ne l'avez pas retenu!

Et si on supposait que vous ayez raison : toutes les inégalités en matière de réussite scolaire s'expliquent comme des inégalités sociales (ce n'est pas ce que Bourdieu dit, faut-il le préciser!), cela voudrait dire que dans un monde idéal où toutes les inégalités sociales seraient effacées (monde auquel j'aspire, comme vous), chaque enfant serait capable de faire des études de médecine ou d'ingénieur ou d'avocat par exemple. Comme ces professions sont, à tort, mieux valorisée que celles de maçon ou de technicienne de surface par exemple, cela impliquera que très peu de monde, voire plus personne, ne voudra occuper ces professions. Quelle société peut fonctionner sans maçon ou technicienne de surface par exemple? Il faudra alors de solides arguments pour espérer convaincre des jeunes d'adopter malgré tout ces professions, après avoir entendu pendant des années que la voie royale est celle qui mène à un haut niveau de connaissances et de compétences. Comment gèrera-t-on un tel monde? J'attends votre réponse.

Il ne me semble pas avoir contesté le fait que l'école révèle ou entretient des inégalités sociales. Ce que je vous demande de m'expliquer (et vous ne l'avez toujours pas fait!), c'est pourquoi vous dites qu'on a assigné, tacitement, à l'école une fonction de sélection sociale. Afin d'éviter de répondre à ma question vous m'attaquez en me faisant un procès d'intention, c'est un stratagème bien connu Cette intentionnalité que vous attribuez à un « on » qui est à déterminer me choque et c'est ce point précis qui m'a fait réagir et répondre abondamment à votre article. Dans votre commentaire tout indique que vous vous êtes mis dans la tête qu'il y avait, en Suisse en 2010, un complot des classes sociales élevées contre les classes inférieures, et ce complot, selon vous, se joue aussi, et peut-être surtout, sur le terrain de l'école. Mais encore une fois devant une accusation si grave, il faut des preuves. Mais il semble qu'on soit à une époque où certaines gens persistent à croire à des thèses dénuées de tout fondement, comme celle, par exemple, du complot juif qui aurait commandité les attentats du 11 septembre ou ceux de Londres. Et si on réintroduisait la géométrie synthétique au collège, afin de former les enfants au discours hypothético-déductif? Cela éviterait de telles croyances!

Et vous voyez des intentions malveillantes partout, toujours guidé par votre grille de lecture de la lutte des classes. Suivre aveuglément et obstinément cette grille vous porte au sommet du ridicule quand vous dites : « S'il poussait son raisonnement à l'extrême, M. Magnollay oserait-il affirmer qu'il existe des classes sociales méritantes et d'autres qui ne le sont pas et que les conséquences sociales de cet état de fait ne sont que justice? » Vous avez, certes, pris la précaution de formuler cette accusation à l'interrogative, mais vous laissez supposer que la réponse est affirmative. Ne poussez pas des raisonnements à l'extrême! c'est dangereux! surtout quand vous n'avez aucun élément pour conduire un tel raisonnement, si ce n'est que, pour vous, je dois entrez dans votre schéma marxiste du monde : si je n'explique pas tout en terme de classes sociales, c'est que je suis un bourgeois qui méprise les autres classes et qui veut conserver ses acquis.

C'est l'éternel argument qu'on entend quand on est contre la voie unique ou quand on dit qu'on a baissé les exigences: la classe dominante veut rester au pouvoir et a peur de se voir destituée par un tronc commun qui permettra à chacun de la rejoindre . Et généralement le pas suivant est la suspicion de racisme, et c'est exactement ce que vous faites en présumant que je vais conclure qu'une majorité d'hommes de couleur sont pervers, violeurs ou voleurs par nature. Quand en aura-t.on fini avec cette argumentation fallacieuse issue d'une vision dépassée de la société?

Le 26/02/2010 à 12:38:03, Claude Magnollay a dit :

La quasi totalité de votre commentaire relève de la même rhétorique, vous servez continuellement le même plat accompagné d'une sauce différente. C'est encore la même chanson quand vous dites « Du mépris qu'il affirme envers les pauvres du savoir ("Pourquoi imposer l'analyse d'un poème de Victor Hugo à des élèves qui ne disposent que de très peu d'aptitudes pour de telles exigences") doit-on en conséquence conclure que l'irritation de notre collègue ne relève finalement que de la défense de ses avantages de classe sociale? » Vous voyez du mépris dans mes paroles, parce que vous considérez (et c'est là le noeud du problème!) la capacité à s'adonner à des exercices intellectuels comme de l'ordre du bien et donc de l'ordre du mal ce manque de capacités. Ce même jugement de valeur apparaît également quand vous dites « Aux bien nés la littérature, la truelle pour les autres! » quel mépris pour les maçons!. Votre vision des choses est également méprisante envers celui qui, à 16 ou 17 ans, sort de la scolarité obligatoire sans avoir obtenu son certificat de capacités parce qu'on lui a demandé des choses trop difficiles et qui n'a pas l'excuse de venir d'un milieu défavorisé, car il y en a aussi! Mon professeur de piano disait à certains de ses élèves obligés par leurs parents à suivre ses leçons: « Il te faut faire du foot, tu seras beaucoup plus heureux! » Si on ne hiérarchise pas les aptitudes il n'y a aucun mépris à reconnaître que certaines personnes n'ont aucune disposition pour la musique ou pour une analyse poétique (ce qui ne veut pas dire qu'ils n'éprouveront pas de plaisir à écouter de la musique ou à lire des poèmes). Il suffit de reconnaître que nous sommes tous différents et de l'accepter. Et la fin de votre phrase « l'irritation de notre collègue ne relève finalement que de la défense de ses avantages de classe sociale » a fait hurler de rire les gens qui me connaissent ou bâiller d'ennui ceux qui connaissent votre rhétorique (vous dites toujours la même chose!).

Qu'ai-je à craindre personnellement de la réforme proposée par l'avant-projet? absolument rien! Si je réagis si vigoureusement c'est parce que cela me fait mal d'assister impuissant depuis 20 ans à la destruction, pierre par pierre de l'école vaudoise et de voir tant d'énergie et d'argent dépensé pour un si maigre résultat à la fin du secondaire I et aussi, en partie, à la fin du gymnase.



Je mangeais l'autre jour avec un collègue membre du parti socialiste, et on se disait que l'avant-projet prenait le problème par le mauvais bout : il est vrai que le statut de la VSO est mal considéré, alors, au lieu de le revaloriser, on le fait disparaître de façon cosmétique en espérant par je ne sais quel miracle que les ex-élèves de cette voie vont devenir meilleurs au contact des ex-élèves de VSB.
Tous les gens de gauche ne sont donc pas de votre avis et tous les gens qui ne sont pas de votre avis ne sont pas forcément de droite.

Il est vrai que les exigences des formations subséquentes au gymnase augmentent de façon constante, c'est pour cela que le taux d'échec en première année des études subséquentes est si élevé. Je connais depuis longtemps la position du recteur de l'Université de Lausanne, je ne la partage pas ; mais il faut savoir que les personnes à des postes de direction délivrent souvent un discours rassurant. Si vous avez interrogé le recteur de l'Université de Lausanne, interrogez aussi le président de l âEPFL, ainsi que des maîtres de mathématiques ou de HEC, par exemple, surtout ceux qui enseignent en 1ère année et qui sont au premier front pour constater le niveau des nouveaux étudiants. Ils feront peut-être un autre constat.

Quant à la baisse de niveau à l'entrée au gymnase, faites un sondage auprès des maîtres qui y enseignent depuis au moins 15 ans! et vous verrez sans aucun doute une très grande majorité la déplorer. Ou faites passer aux élèves de fin de 9ème un examen de certificat d'études secondaires qui date d'une vingtaine d'années, et on jugera d'après le résultat ; si les élèves obtiennent des résultats satisfaisants, alors j'aurai tort. On pourrait aussi, sans doute, retrouver le document qui établissait le programme de mathématiques au collège il y a 20 ans et on pourrait le comparer avec le programme actuel, cela serait très instructif.

Le 26/02/2010 à 12:36:44, Claude Magnollay a dit :

Ce que vous dites du Japon est correct, mais très incomplet, soit par manque de soin dans la recherche d'information, soit à dessein, pour tromper l'opinion publique. Malgré l'absence de sélection avant l'université, le système scolaire y est quand même très compétitif. Il n'y a pas de filières, mais il y a de bonnes et de moins bonnes écoles, ce qui revient au même finalement.. En outre la plupart des enfants suivent des cours du soir privés en plus de l'école obligatoire afin de pouvoir entrer dans une bonne école, puis de se mieux préparer au test du centre national des admissions à l'université, dont le résultat déterminera s'ils peuvent entrer dans une université prestigieuse ou non. L'enquête Pisa teste ce qu'il y a dans la tête des élèves, que cela ait été acquis à l'intérieur du système scolaire ou ailleurs! Mon argument reste donc valable. Pour plus d'information sur le système japonais, vous pouvez consulter le site fr.wikipedia.org

Contrairement aux élèves finlandais ou japonais par exemple, les élèves suisses qui ont obtenu une maturité ont la chance de pouvoir entrer dans toutes les universités suisses, sans examen d'entrée et quelles que soient les notes obtenues à la maturité. Nos universités en plus, sont toutes d'un très haut niveau. Ce que je crains si l'avant-projet passe, ce n'est évidemment pas de voir mon statut social ébranlé, mais que l'on continue à baisser les exigences avant l'université, ce qui conduira ces dernières à exiger un examen d'entrée comme c'est le cas dans tant d'autres pays. On voit déjà les prémisses de tels examens, je l'ai indiqué dans mon article. Alors quand on sera arrivé à cette situation, les parents devront se saigner pour offrir des cours préparatoires à leurs enfants comme au Japon, et l'enfant de migrant n'aura plus aucune chance d'accéder aux universités et là on aura atteint le sommet de l'injustice sociale!

Quant à votre avant-dernière phrase, je n'y vois aucun lien avec ce qui précède! Quand je parle de maîtres qui baissent les bras, cela relève d'une attitude psychologique résultant des contradictions dans lesquels ils sont mis et non d'une volonté de ne pas ou moins travailler!

Et pour terminer parlons du « sic » que vous avez cru bon d'ajouter après mon titre de maître, il sous-entend, j'imagine, que je ne le mérite pas. Vous utilisez, ce qu'on appelle en logique fallacieuse, un argumentum ad personam c'est un stratagème que Schopenhauer a décrit dans l'Art d'avoir toujours raison :on formule une attaque contre la personne ou la fonction de la personne qui soutient une thèse et non pas contre la thèse elle-même. Vous mettez en doute mes capacités à être maître de gymnase, ce qui vous autorise à ne pas répondre à la question principale que je vous ai posée! C'est bas, mais tellement courant malheureusement!

Le 24/02/2010 à 11:27:18, jacques Daniélou a dit :

Si on comprend bien la contribution défensive de Monsieur Magnollay, maître (sic) de gymnase, il existerait, de naissance, des différences de capacités intellectuelles et des types d'intelligence spécifiques; et ceux-ci seraient répartis de manière aléatoire et inégale - comme la beauté ou les capacités sportives. Dès lors, l'école serait justifiée à créer des cases où ranger de manière scientifiques les individus: Aux bien nés la littérature, la truelle pour les autres!

Conclurait-il alors en constatant, par exemple, qu'une majorité d'élèves migrants se trouvent en VSO, que ces derniers possèdent un type d'intelligence particulier qui les empêche d'accéder aux études exigeantes et les porte naturellement vers les apprentissages et métiers manuels que notre société - et on peut le regretter avec l'auteur - reconnaît si mal socialement?
Conclurait-il également du fait qu'une majorité d'hommes de couleur se trouvent jugés et emprisonnés aux Etats-Unis que ceux-ci, par leur nature, sont pervers, violeurs ou voleurs?

Conséquent avec ce qu'il affirme, devant les inégalités de naissance, faisant fi des origines sociales ou culturelles ou feignant de faire accroire que celles-ci n'ont pas d'impact sur les parcours de vie et les cursus scolaires, M. Magnollay propose de se coucher : "C'est injuste, c'est vrai, mais on ne peut rien faire", rajoutant, sans vraiment l'assumer, que ceux qui échouent sont d'abord des flemmards: "sans tenir compte du fait que beaucoup rechigneront à faire des heures d'entraînement ou de vocalises"…
Ce disant, M. Magnollay reprend l'antienne selon laquelle il y aurait des méritants et d'autres qui ne le sont pas.
S'il poussait son raisonnement à l'extrême, M. Magnollay oserait-il affirmer qu'il existe des classes sociales méritantes et d'autres qui ne le sont pas et que les conséquences sociales de cet état de fait ne sont que justice?
Certes cette approche le ferait rejoindre les combattants inféodés au côté obscur de la force mais aurait au moins le mérite de la clarté…!
Il affirme enfin que l'augmentation du nombre de maturants ne peut être atteinte que par la baisse des exigences, en oubliant que celles des formations subséquentes au Gymnase augmentent, elles aussi, de manière constante.
Interrogé à ce propos, le recteur de l'université de Lausanne estime, au contraire, qu'il ne constate pas de baisse de niveau.

" La cécité aux inégalités sociales condamne et autorise à expliquer toutes les inégalités, particulièrement en matière de réussite scolaire, comme inégalités naturelles, inégalités de dons", affirmaient Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans La reproduction, en 1966, qui poursuivaient en écrivant que "La reproduction des inégalités sociales par l'école vient de la mise en oeuvre d'un égalitarisme formel, à savoir que l'école traite comme "égaux en droits" des individus "inégaux en fait" c'est-à-dire inégalement préparés par leur culture familiale à assimiler un message pédagogique."
Que cette réflexion et cette analyse soient portées par des penseurs dits "de gauche" irritera au plus haut point M. Magnollay.
Du mépris qu'il affirme envers les pauvres du savoir ("Pourquoi imposer l'analyse d'un poème de Victor Hugo à des élèves qui ne disposent que de très peu d'aptitudes pour de telles exigences") doit-on en conséquence conclure que l'irritation de notre collègue ne relève finalement que de la défense de ses avantages de classe sociale?
Chacun en sera juge.

Enfin, M. Magnollay fait référence à l'école japonaise: A notre connaissance, il n'y existe pas de redoublement, 95 % des élèves y atteignent un bac, considéré comme un socle commun de connaissance et… les enseignants ont obligation de présence dans leur établissement 40 heures par semaine. Cette dernière condition sera-t-elle soutenue par M. Magnollay, qui affirme que beaucoup de maîtres (la faute aux autres évidemment) "baissent les bras"?
Et si tout cela relevait d'abord du manque de courage?

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