Pertinence du cycle initial imposé
Par
Annick Inversin,
étudiante à la HEP-VD
Commentaires (7)
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Dans mon billet concernant la pertinence de rendre obligatoire le CIN, il m'a semblé qu'il serait intéressant dans un premier temps, de faire un tour dans le passé afin de mieux cerner l'histoire de l'école enfantine en Suisse. Puis dans un deuxième temps, je m'intéresserai au projet HARMOS ainsi qu'au nouveau projet de loi.
Les classes enfantines sont apparues en suisse à la fin du XIIIe siècle. Au départ, ce fût de simples lieux de garderie pour les enfants des femmes qui travaillaient dans les fabriques. Comme le souligne Elisabeth Bautier, leur vocation première « étaient essentiellement sociale et sanitaire, il s'agissait d'offrir un lieu de protection » à ces enfants. En Suisse, épouvanté par cette misère, Pestalozzi contribua à la création d'une pédagogie nouvelle. Puis, Friedrich Froebel développa une pédagogie basée sur le jeu. En 1860, un jardin d'enfants ouvrit à lausanne. En 1861, ce fût le tour du canton de Genève puis de Neuchâtel en 1862.
En 1972, un premier plan d'études est publié. Selon Simone Forster, il attache une importance à « l'épanouissement et au développement de l'enfant ainsi que sur les acquisitions des démarches intellectuelles utiles à sa scolarité ». En 1992, de nouvelles instructions officielles apportent un changement d'orientation. « Il s'agit de créer les conditions qui permettent à l'enfant d'agir pour construire ses connaissances, de structurer sa pensée à travers des situations variées où le jeu tient une large place ». (Ibid p. 4). Avec le projet sur l'harmonisation de la scolarité obligatoire (HARMOS), les choses changent. Il est clairement définit que l'école enfantine se doit d'initier les enfants à l'apprentissage scolaire. Elle se doit de jouer un grand rôle dans l'apprentissage de la lecture. Ses objectifs sont aussi de lutter contre l'échec scolaire, le dépistage précoce des handicaps et la compensation des inégalités.
On comprend que le cycle initial est le fruit de bouleversements historiques. Ces changements sont justifiés par l'évolution des théories d'enseignement, l'amélioration du niveau de vie, des mœurs et afin de répondre aux exigences de la société.
Le projet HARMOS voté par le canton de vaud en date du 21 mais 2006, rendra ainsi l'école obligatoire dès l'âge de 4 ans, comme le stipule le chapitre IV de l'avant-projet de loi sur l'enseignement obligatoire et plus précisément, l'article 43al.1, la scolarité obligatoire commence à l'âge de 4 ans révolus au 31 juillet. Contrairement à l'article 5al.1 de la Loi Scolaire actuelle (1984), qui stipule que la scolarité obligatoire commence à l'âge de 6 ans révolus au 30 juin.
La commission estime que la réflexion sur l'obligation du CIN doit être entreprise dans l'objectif d'une valorisation de ce cursus scolaire spécifique. Ainsi deux objectifs sont visés : renforcement des contenus pédago-éducatifs du cycle, concrétisation du statut professionnel du métier d'enseignant.
Le cycle initial est un espace de ressources favorisant l'exploration, la socialisation, la découverte. Un lieu d'apprentissage où naissent et se réalisent des projets. Les objectifs poursuivis sont des objectifs de compréhension, de sensibilisation, de créativité et de développement.
Cependant, certains cantons ne sont pas favorables à ce concordat. En effet, comme le mentionne le communiqué de presse de la conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique, pour certains, « la scolarisation dite plus précoce est un des principaux objets de critique ». En effet, cette 2ème enfantine est perçue comme une contrainte. En effet, un rythme trop soutenu est évoqué. N'est-ce pas plutôt une contrainte d'organisation pour les cantons qui n'ont qu'une année d'enfantine ?
Afin d'étayer mes recherches, il m'a semblé judicieux d'interroger une enseignante expérimentée afin de connaître son avis sur le sujet. Selon cette personne, cette obligation permettra enfin d'avoir des objectifs communs quant à l'écriture, la lecture et les nombres.
Pour ma part, je pense qu'il serait effectivement intéressant d'avoir des objectifs communs en fin de cycle. D'autre part, il semble encore que pour beaucoup, l'école enfantine soit synonyme de garderie et peine donc à se faire valoriser à juste titre. Dès lors, en rendant ce cycle obligatoire, il deviendra ainsi possible de faire changer peu à peu les représentations de la profession. Il me semble également que le taux d'absentéisme pourrait aussi diminuer. En effet, il n'est pas rare de voir dans ce cycle des enfants qui sont absents pour cause de vacances…
Cependant, cela soulève certaines interrogations. En effet, l'augmentation du nombre de périodes, soit de 24 à 28 paraît relativement difficile à assumer pour de jeunes enfants. Respecte-t-on le rythme des enfants ? Dans quelle mesure les apprentissages sont-ils pertinents si les enfants sont fatigués ?
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