Filières, niveaux, il faut choisir !
Par
Lisa Genoud, Diana Losa & Valérie Pernet,
étudiantes à la HEP-VD
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Selon l'enquête PISA 2000-2003, les deux cantons romands les mieux placés sont le canton de Fribourg et celui du Valais. Sachant que le premier a un système à filières et que le deuxième a un système à niveaux, lequel serait le plus adapté pour le canton de Vaud ?
Actuellement, nous avons un système à trois filières. Les élèves sont orientés dans trois voies différentes au terme du cycle de transition. Cette organisation est fortement remise en question au travers de l'avant-projet de la nouvelle loi sur l'enseignement obligatoire. Celui-ci propose un système à niveaux. Plus précisément, les élèves suivraient un enseignement de base commun et par la suite seraient répartis en groupes, standard ou élevé, pour certaines branches.
Dans l'enquête PISA 2003, nous avons pu constater que les résultats entre les élèves des différentes voies se chevauchent. Il y a une proximité entre les différentes filières et la frontière est peu délimitée. Quelle est donc l'utilité de nos 3 voies étant donné que les résultats sont si proches ? Comment expliquer que deux élèves ayant obtenus les mêmes résultats au test de référence PISA - considéré comme le meilleur outil actuel de comparaison - ne soient pas dans les mêmes filières ?
Un autre facteur qui remet en cause notre système est la réorientation. Elle est toujours présente entre les différentes filières. Dans l'enquête menée par l'URSP - Unité de recherche des systèmes pédagogiques - en 2003-2004, les résultats montrent que 15% des élèves orientés en VSO - voie secondaire à option - et 5% des élèves orientés en VSG - voie secondaire générale - terminent leur scolarité avec un certificat d'une filière supérieure. Nous pouvons donc nous demander s'il n'est pas prématuré d'orienter un enfant de 12 ans, étant donné qu'à la fin de la scolarité 1 élève sur 10 se retrouve dans une filière plus élevée. Avec la configuration actuelle de nos écoles, cela représente tout de même en moyenne 2 élèves par classe.
Les enfants de 6ème année évoluent beaucoup car ils sont dans l'adolescence, ce qui entraîne des changements tant au niveau physique que mental. En fonction de ce qui précède, pourquoi cloisonner les élèves dans des filières ? Un système à niveau ne fait pas de sélection nette avant la 12e année HarmoS, ce qui correspond à la neuvième année actuelle.
D'autre part, nous constatons que les élèves allophones sont moins concernés par la réorientation à la baisse que ceux de langue maternelle française. Pourquoi ? Est-ce peut être dû au fait qu'en raison d'une difficulté à manier la langue, on ne les oriente pas dans des filières élevées ?
En regard des éléments cités ci-dessus, il nous paraît évident que notre système doit être changé. En effet, il nous semble, que ce dernier accroît les inégalités plus qu'il ne les diminue. Suivant une orientation dans telle ou telle filière, une stigmatisation se fait de la part de la société. Les chances de trouver un travail, une place d'apprentissage sont restreintes selon la voie suivie par l'enfant.
Le système à niveau nous paraît dès lors plus adapté, car il prend mieux en compte les besoins et acquis de l'élève. Son apprentissage, son travail scolaire et les objectifs sont adaptés, il peut ainsi mieux progresser et évoluer à son rythme.
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