Loi scolaire vaudoise : « le beau temps menace »

Par le Comité cantonal de la Société pédagogique vaudoise

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Le Comité cantonal de la SPV a pris connaissance des grandes options du projet de Loi sur l'enseignement obligatoire (LEO) présenté par le Conseil d'Etat. Sous réserve d'une lecture détaillée et des décisions que seront amenées à prendre les instances de la SPV, son comité relève que bon nombre d'éléments et d'orientations qu'il a fait valoir lors de la consultation sur l'avant-projet semblent avoir été intégrés dans le projet soumis au Grand Conseil.

Un projet plus ramassé et qui intègre des demandes de la SPV

Parmi d'autres, la SPV l'avait demandé : c'est un projet plus ramassé qui est proposé, renvoyant à d'autres textes légaux ce qui relève de l'organisation de « l'école à journée continue » (le projet de LEO affirmant la priorité donnée à l'école en termes d'utilisation des locaux), ainsi que les déclinaisons fines des différents types d'élèves à besoins particuliers et la manière selon laquelle il convient de les accueillir dans l'école.

À cet égard, le comité de la SPV est heureux de constater qu'a notamment été retenue sa demande de tenir compte du nombre d'élèves à besoins particuliers dans l'effectif de la classe. De même que le fait que ce type d'élèves serait désormais suivi par une « personne de référence », mieux identifiée qu'aujourd'hui.

Plus particulièrement, la SPV se réjouit également de trouver dans le projet de loi des clarifications relatives aux prérogatives des conférences des maîtres - celles-ci n'étant plus en responsabilité de traiter des « cas d'élèves », mais pouvant se consacrer aux options pédagogiques prises par l'établissement - ou encore des conseils de directions, manifestement renforcés.

Plus spécifiquement, le cahier des charges des enseignants est formellement évoqué à deux reprises. Son édiction, à venir, est une demande récurrente de la SPV. Enfin, le renforcement général du temps scolaire et l'accent mis sur certaines disciplines, dont le français, répond également à une exigence de la SPV.

Un secondaire I plus ouvert et tourné vers la réussite

Certes, la structure proposée pour le secondaire I est encore très loin du modèle prôné par les instances de la SPV, qui milite pour une école sans filières cloisonnées et sans redoublement. Cependant, en regard de l'histoire scolaire du canton et de son paysage politique, pour le comité de la SPV, l'organisation du secondaire I offerte par le projet constituerait une réelle avancée si elle était validée par le Grand Conseil et le peuple.

Si l'on peut déplorer que la sélection ne soit pas reportée en fin de 10ème année, comme le proposait la SPV, la perméabilité des filières et des niveaux, ainsi que le faible nombre de disciplines scolaires concernées, ouvre le champ des possibles. Le fait que l'élève ne soit plus enfermé dans une étiquette, mais puisse faire valoir de meilleure manière ses diverses potentialités selon deux niveaux et non plus des filières cloisonnées, va également dans le sens désiré par la SPV, de même que le fait que les options « spécifiques » puissent être suivies par l'ensemble des élèves. De plus, la création d'options « métiers » en voie générale devrait répondre aux exigences légitimes des milieux de l'économie.

Enfin, si la SPV déplore également le maintien du statu quo à propos du redoublement, l'aide accrue aux élèves mis en difficulté et le renversement des priorités (on considère désormais que l'élève doit avoir parcouru l'ensemble des 11 années de scolarité, et avoir atteint les objectifs de l'école obligatoire pour être libéré), devrait pouvoir en faire baisser le nombre.

Une assemblée des membres de la SPV qui oeuvrent au secondaire I, organisée le 13 octobre prochain, affinera cette première analyse.

Les devoirs et les droits des élèves et des familles précisés, mais des incertitudes sur le statut des enseignants

Les droits et devoirs des familles et des élèves - de même que les sanctions devant parfois être prises envers ces derniers - sont précisés. Ces précisions vont également dans le sens des orientations de la SPV.

Enfin, la SPV a pris acte du fait que les incidences de la LEO sur les statuts respectifs des enseignants de l'école obligatoire feront l'objet d'une négociation - qui s'annonce difficile, celle-ci devant déboucher sur une nouvelle Loi sur le personnel enseignant.

Dans ce cadre, le Comité de la SPV se félicite du fait que la notion de « maîtrise de classe » progresse au primaire et que les éléments statutaires y relatifs soient reconnus ; c'est une demande historique de la SPV qui serait ainsi satisfaite. Le comité relève pourtant que les maîtresses enfantines semblent en etre singulièrement exclues alors qu'elles relèveraient désormais du même statut que l'ensemble des généralistes du primaire ! Il se battra pour que ces collègues ne soient pas victimes d'une inégalité de traitement en devenir.