Positions des partis politiques sur l'avant-projet de loi.

Par Patric Gabler & François Perriraz,
étudiants à la HEP-VD

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Qu'en est-il de la position des partis politiques au sujet de l'avant-projet de loi scolaire ? Ou plutôt qu'en était-il puisque nous voici "tout gentiment" arrivés au terme de la consultation publique et que Madame Lyon a déjà tiré les conclusions de cette consultation. Le résultat indique un bon consensus sur la majorité des articles sauf sur ceux qui concernent les points les plus sensibles et parmi les plus importants de l'école… Ces positions politiques officielles, exprimées pour la plupart hors du formulaire de consultation, ont été sûrement déterminantes dans la décision de Madame Lyon de mettre de l'eau dans son vin en proposant des solutions intermédiaires au sujet du redoublement et des filières. Nous avons choisi de traiter des positions des principaux partis de droite et de gauche telles que résumées dans le rapport de consultation sur l'avant-projet du DFJC ou exprimées dans les réponses officielles desdits partis à la consultation.

Nous avons donc séparé ce tour d'horizon en deux billets dont le dénominateur commun est la position des partis de gauche et de droite au sujet des trois grands domaines de la nouvelle loi n'ayant pas fait consensus  : redoublement, système de filières et politique d'intégration.

Les partis de droite

Art. 40 Intégration de tous les enfants dans la même école

Art. 44 Redoublement

Art. 74 Organisation du Secondaire I

Parti Libéral Vaudois

Réponse  : NON

Arguments  :

  • Manque de précision dans les définitions (qu'est-ce qui appartient à la DGEO et au SESAF ?)

Réponse  : NON

Réponse  : NON

Arguments  :

  • La variante du statu quo n'est pas proposée. Le DFJC ignore une option à 3 filières (statu quo) avec un lifting complet et sérieux de la VSO.
  • Les idées proposées sont utopiques et ne tiennent pas compte de la réalité et des coûts.
  • Le système à niveaux demande des moyens beaucoup trop lourds.
Autres remarques du PLV (citations)
  • « mais constitue pour la plus grande part, un contre-projet à l'initiative « école 2010 ».
  • déplore qu'il n'y ait pas eu de bilan des réformes précédentes en préambule.
  • « distinction entre domaines parascolaire et scolaire peu clairs. »
  • « le statut du personnel n'est pas abordé, quel est le cahier des charges des enseignants ? »
  • « trop souvent peu précis, flou dans la formulation et la terminologie employée et juridiquement contradictoire ».

Union Démocratique du Centre

Réponse  : NON

Arguments  :

  • l'accord Harmos, qui donne cette ligne, n'a pas de raison d'être puisqu'il peut être remplacé par la Convention Scolaire Romande qui le rend inutile et superflu.
  • l' UDC demande la résiliation de cet accord car 8 ½ cantons l'ont refusé.

Réponse  : NON

Arguments  :

  • demande d'abord de dresser un bilan de la situation actuelle et
  • une évaluation de l'évolution du redoublement +une identification des causes des échecs
  • rapport sur la croissance du nombre de diagnostics de déficits
  • une évaluation critique de l'efficacité et des coûts de cette mesure

Réponse  : NON

Arguments :

  • pas de garantie de gains de performance
  • changement trop en profondeur
  • en Suisse-allemande, on ne va pas dans ce sens, alors qu'il y a HarmoS.
  • propose une revalorisation de chaque filière préprofessionnelle par une méthode spécifique

Autre remarques de l'UDC (citations)

  • « La proposition du DFJC est un contre-projet à l'initiative populaire « école 2010-sauver l'école »
  • « rien n'impose une refonte complète de la loi scolaire, et encore moins un bouleversement du système » (Sophie Paschoud dans Patrons, No 10/2009)

Les partis de gauche.

Etonnamment, les partis de gauche contactés se sont montrés bien peu prompts, pour la plupart, à répondre à un message de demande de renseignements d'étudiants de la HEP (bon point cependant pour les Verts…). En restreignant ce tour d'horizon aux trois principaux partis de gauche (parti socialiste, Verts, et POP), on constate que ceux-ci ne sont déjà pas sur la même longueur d'onde s'agissant du redoublement. Si le parti socialiste suit la Cheffe du Département sur ce sujet, les Verts estiment que la question du redoublement devrait être abordée "de façon moins dogmatique"… Quant au POP, il s'oppose à la suppression du redoublement qu'il considère cependant comme devant relever d'une mesure exceptionnelle (attitude un peu surprenante de la part d'un parti se montrant d'habitude moins frileux).

Au sujet de la question des filières, le POP se montre plus "radical" puisqu'il appelle de ses voeux la suppression de celles-ci. Le parti socialiste vaudois "soutient l'article 74" qui concerne le système à niveaux devant remplacer celui des filières existantes et profite de rappeler qu'il s'est déjà prononcé pour la voie unique. Il considère que le système à niveaux est un "compromis acceptable" dans la direction de la voie unique. Madame Lyon s'est donc montrée plus prudente que ses camarades de parti puisqu'elle n'a pas osé proposer la voie unique ; elle s'en est du reste expliquée arguant qu'une telle proposition eût été généralement perçue comme trop audacieuse. Les Verts approuvent le système à niveaux mais craignent qu'il se mue en "processus de sélection camouflée" s'il n'est pas mieux explicité. Le fait que l'avant-projet élude la question de la maîtrise de classe dans ce système à niveaux déplaît fortement aux Verts qui demandent que la LEO prévoie des dispositions précises à ce propos.

Au sujet de l'intégration et de l'ambition d'instaurer une école beaucoup plus inclusive, le POP se montre favorable aux propositions de l'avant-projet. Sur le même sujet, les socialistes expriment leur déception devant le peu de prise en compte de la problématique des élèves allophones, celle-ci se noyant dans les articles consacrés à la pédagogie différenciée. Cependant, le parti à la rose se dit très favorable au principe d'intégration mais regrette le manque de clarté de l'avant-projet concernant, entre autres, le partage des compétences entre la DGEO et le SESAF. Les Verts sont guère prolixes concernant le sujet de l'intégration qu'ils effleurent à peine, approuvant cependant la direction de l'avant-projet vers une école plus inclusive.

Il ressort de la lecture des positions des partis de gauche que ces derniers, bien qu'approuvant l'avant-projet dans ses grandes lignes, sont déçus par son manque de rigueur et de cohérence rédactionnelle. Ils sont aussi déçus par le manque d'informations et de clarté concernant la pédagogie différenciée ou les dispositifs et moyens de mise en oeuvre d'une école plus inclusive. Enfin, la première phrase de la réponse des Verts à la consultation nous semble traduire le manque de cohésion manifestement assumé entre partis de gauche  : « De manière générale, les Verts accueillent avec intérêt et circonspection le projet de loi […]. » Un accueil de la gauche globalement plus positif à l'égard de la nouvelle loi aurait sans doute permis que l'avant-projet garde un peu plus de son contenu d'origine à l'issue de cette consultation.