Première appréciation de l'Avant-projet

Par Fédération Patronale Vaudoise

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Fédération Patronale Vaudoise

La Fédération patronale vaudoise (FPV) est la plus importante organisation faîtière du canton. Avec plus de 22'000 membres individuels et environ 120 associations affiliées, elle réunit la plupart des entreprises et des groupements professionnels vaudois. La FPV défend les intérêts de l'économie privée. Elle prend position sur les sujets qui touchent directement ou indirectement la vie économique du canton de Vaud.

En deux mots

La Fédération Patronale Vaudoise livre sa première appréciation de l'avant-projet de nouvelle loi scolaire. Refusant ce qu'elle considère comme un "égalitarisme poussé à l'extrême », elle estime aujourd'hui que l'avant-projet « ne peut être amélioré d'une quelconque manière et qu'il doit en conséquence être rejeté dans son intégralité ».

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En général

Il n'est pas contestable que le système actuel comporte de graves défauts, les élèves sortant de scolarité obligatoire ayant un niveau insuffisant dans les matières de base. Cela est fâcheux d'une manière générale, et particulièrement problématique pour les jeunes issus de la VSO, puisque leurs chances de trouver une place d'apprentissage sont réduites.

En raison de l'esprit fondamentalement faux dans lequel il a été conçu, l'avant-projet ne règle cependant pas ces problèmes et risque, au contraire, de les aggraver. La nécessité de garantir aux élèves un bagage de connaissances suffisant pour la suite de leur cursus, quel qu'il soit, est totalement négligée au profit d'un égalitarisme poussé à l'extrême. Tout est conçu pour éviter aux enfants toute forme de « stigmatisation », de difficulté, de déception ou de contrariété. Une telle vision est inacceptable à plusieurs titres. Premièrement, elle est tout simplement inconciliable avec une formation de qualité, puisqu'elle amène nécessairement à adapter, dans une certaine mesure du moins, les exigences aux aptitudes des plus faibles. D'autre part, elle maintient inopportunément une partie des élèves dans l'illusion qu'ils pourront poursuivre leur cursus au gymnase. Enfin, la volonté d'accorder au plus grand nombre la possibilité de faire des études longues est en soi inadmissible, puisqu'elle est la manifestation d'une forme de mépris pour l'apprentissage. Pour ces motifs, nous estimons que l'avant-projet ne peut être amélioré d'une quelconque manière et qu'il doit en conséquence être rejeté dans son intégralité, la suppression des filières et du redoublement n'étant que des manifestations de l'esprit qui imprègne l'entier de la LEO.

La suppression des filières

Pour pallier le défaut principal du système actuel, soit la mauvaise réputation de la VSO, il ne faut pas supprimer les filières, mais dispenser un enseignement de qualité dans cette voie. Le système des niveaux, s'il assure une meilleure prise en compte des aptitudes individuelles dans certaines branches, ne permet pas de « conserver le plus longtemps possible des chances réelles d'accéder à des formations exigeantes »; il ne fait que reporter au dernier degré de la scolarité obligatoire la « sélection » qui doit nécessairement être opérée. Au contraire, le système des filières permet de préparer les élèves durant les trois ans de l'école secondaire à la suite de leur cursus, avec un enseignement différent dans chacune des voies, dispensé en grande partie dans cette optique spécifique. La possibilité actuelle d'une réorientation en fin de septième année (neuvième année HarmoS) et le raccordement suffisent à garantir que les élèves dont les aptitudes et/ou le goût pour les études se révèlent tardivement pourront par la suite suivre la formation qui leur correspond le mieux.

La suppression du redoublement

Sous réserve de la question des coûts, le redoublement ne doit pas être considéré comme une mesure néfaste, au contraire. Il empêche les lacunes de s'accumuler; il oblige les élèves, qui ont — comme tout être humain — une certaine tendance à la paresse, à fournir un effort qu'ils n'ont aucune raison de consentir s'ils peuvent passer au degré suivant indépendamment de leurs résultats; il permet à certains de reprendre confiance en eux en revoyant le programme plus calmement. Enfin, il ne faut pas surestimer le traumatisme causé par l'échec. Il entraîne certes souvent une blessure d'amour-propre qui n'a cependant rien d'insurmontable et a une valeur éducative qu'il ne faut pas négliger. Il n'est en effet pas sain que le souci de l'épanouissement de l'enfant amène à lui épargner systématiquement les obstacles et les difficultés — qui font partie de la vie — au point qu'il n'est absolument pas préparé à les surmonter une fois sorti du cocon scolaire.

(18.02.2010)